Mon manuscrit, mon précieux

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Enfin, mon manuscrit est terminé,

Le point final sonne le début d’une nouvelle épopée ;

Dans une belle enveloppe, je vais le glisser,

Et aux éditeurs, par la poste l’expédier !

Ah, l’intense satisfaction d’achever son œuvre ! Le plaisir d’y mettre le mot « fin », l’excitation de son devenir entre des mains étrangères qui, à n’en pas douter, trembleront d’impatience d’en découvrir le contenu. Parce que ce manuscrit est exempt de défauts. Si, si, parole d’auteur. Avec le temps consacré à son élaboration, des balbutiements à l’épilogue déchirant, il ne peut en être autrement ! Ne ricanez point, car nombre d’écrivains ont pris ce raccourci.

Pourtant, il faut bien l’admettre, lorsqu’on achève un roman – ou même une nouvelle – sa conception ne fait que commencer (je donne l’impression de parler d’un machin construit en Légo là, mais le parallèle n’est pas si mauvais en fait…). L’envoyer aux éditeurs dans la précipitation est donc fortement déconseillé. Une fois l’histoire achevée, il faut laisser retomber la pression, toute cette fièvre imaginative qui nous a saisi et emporté dans un tourbillon infernal. Ce manuscrit, mieux vaut le laisser tranquille quelques jours, voire quelques semaines…

Ensuite, il faut le relire, tranquillement, lentement, en essayant de se mettre d’un point de vue extérieur, celui d’une personne qui ne connaît pas l’histoire (très dur, je sais). Dans le même temps, si c’est possible, on peut le confier à un beta-lecteur avec qui, la lecture terminée, on pourra parler à bâtons rompus du contenu, de la forme, etc…

Il est normal, à ce niveau, de constater que certaines choses ne nous plaisent pas, nous gênent, et de ressentir le besoin de reformuler des phrases ; d’ajouter des descriptions, des précisions ou, au contraire, d’en enlever. Cette première correction achevée, il est nécessaire de se demander si oui ou non elle nous satisfait pleinement. En cas de doute, aussi infime soit-il, mieux vaut laisser le manuscrit se reposer encore, le chasser de son esprit afin de le reprendre plus tard, à tête reposée.

Certains auteurs ressentiront le besoin de répéter cette opération plusieurs fois, jamais satisfaits ; d’autres très peu, voire une seule ; et d’autres encore, malheureusement, ignoreront cette étape indispensable. Non, le manuscrit parfait en un seul passage, ça n’existe pas (vous ferez d’ailleurs de nouvelles corrections avec l’éditeur). Alors pourquoi prendre le risque de gâcher le travail de plusieurs mois sur un coup de tête ? Pour gagner du temps ? (plus vite il sera posté, plus vite il sera accepté). Sauf que moins il est travaillé, plus un manuscrit à de chances d’être rejeté. Et, ensuite, il faudra bien se résoudre à y replonger. Au final, c’est là que vous perdez du temps inutilement… Alors n’hésitez pas à le retourner dans tous les sens, vous aurez d’autant plus de chances de séduire un comité de lecture !

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L’auto-édition : problème ou solution ?

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L’auto-édition. Si, dans le monde de l’édition, il y a bien un sujet qui divise, c’est celui-là. Décrié par les uns, plébiscité par les autres, le dialogue entre les deux « camps » tournent souvent au pugilat. Parce que, bien entendu, leurs points de vue ne peuvent s’accorder. Essayons d’y voir plus clair…

Pourquoi s’auto-éditer ?
Bonne question ! Ben oui, pourquoi d’abord ? Il peut y avoir plusieurs raisons, dont certaines ne viennent pas forcément à l’esprit de ceux qui critiquent cette solution.
  1. L’auteur, après de multiples refus d’éditeurs, choisit de diffuser son livre par lui-même (raison souvent invoquée comme étant la principale, voire la seule, pour se fourvoyer dans pareille aventure),
  2. L’auteur ne souhaite pas diffuser son livre à grande échelle, mais juste pour la famille et les amis,
  3. L’auteur n’envisage même pas de faire appel à un éditeur, convaincu qu’il n’obtiendra rien de leur part,
  4. L’auteur préfère maîtriser toute la chaîne du livre : faire sa propre couverture, déterminer ses droits d’auteurs, choisir sa maquette,…
  5. L’auteur écrit des histoires à « faible potentiel » éditorial (houlà, pas belle comme expression, mais je ne vois pas quoi mettre d’autre pour être claire)
  6. Et j’en oublie, forcément…
Alors, où est le problème ?
En réalité, le principal souci avec l’auto-édition, c’est qu’il faut du temps pour s’y consacrer. Faire la promotion de son livre est un travail de titan, il nécessite un investissement personnel énorme pour un retour qui demeure incertain (comme dans l’édition « normale », en fait). Bref, beaucoup de boulot.

 

Amalgame ?
Je ne comprends pas toujours le rapport que certains établissent entre l’auto-édition et l’édition à compte d’auteur. Pour moi, ce sont deux choses totalement différentes, même si dans le second cas l’auteur doit payer pour être édité. L’auto-édition, c’est l’auteur qui fait tout mais il ne paie rien, si ce n’est de sa personne, pour voir son bébé venir au monde… deux techniques aux problématiques dissemblables, en somme.

 

L’auteur/éditeur
Ah, un autre phénomène qui fait jaser ! Ces derniers temps, les auteurs qui ont fondé leur propre maison d’édition pour s’éditer (avant de grossir leur catalogue avec d’autres auteurs) ont poussé comme des champignons. Du coup, les critiques pleuvent sur ce qui ressemble à une sorte de tromperie. L’auteur n’a pas réussi à convaincre des éditeurs, donc il prend un raccourci et produira du mauvais, bien entendu. S’il est incapable d’admettre la piètre qualité de ses écrits, alors ceux des autres… hum… tout cela n’est-il pas un peu hâtif ? Après tout, le lecteur n’est pas un imbécile et il dispose d’Internet pour récolter des informations à la pelle. Il pourra se faire facilement sa propre opinion, autant sur le livre désiré que sur la maison qui le sort. Alors bien sûr, il y aura du bon et du mauvais… mais n’est-ce pas le cas partout ? N’avons-nous pas droit à notre dose de nanards chez les « grands » éditeurs ? Allons, bien sûr que si.

 

Bref, l’auto-édition peut être une solution, ne serait-ce que pour se faire la main (eh, c’est pas facile de tout se coltiner !) et, pourquoi pas, prendre la température auprès des lecteurs. Alors si ça vous convient, c’est le principal.

(Article écrit pour le site Ex-Tenebris)

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Chroniques : point de vue d’une critique

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Suite au précédent article, j’ai décidé d’en rédiger un second (cf. Chroniques : point de vue d’un auteur), mais cette fois-ci en regardant de l’autre côté de la lorgnette. Je rédige des chroniques pour les sites Ex-Tenebris, Mythologica et, même, pour des comités de lecture. Le travail et les difficultés sont, à mon sens, similaires.

Chroniquer une œuvre ne semble pas, a priori, bien compliqué. On lit, armé d’un calepin et d’un crayon, on note nos impressions, on les met en forme et le tour est joué. La réalité n’est pas aussi simple, du moins si l’on veut fournir un travail sérieux.

 

Alors, une méthode ?

Ben oui. Comme pour beaucoup d’autres tâches, il faut un minimum d’organisation. Au début, je me contentais de prendre des notes à la volée tout en lisant le texte. Je me suis vite rendue compte que c’était du n’importe quoi. Je perdais le fil de ma lecture, j’étais obligée de revenir en arrière, de relire certains passages pour, au final, obtenir un truc ressemblant à une liste de courses rédigée par quatorze personnes différentes.

À partir de là, j’ai changé de technique. J’ai adopté le système des colonnes + / – en essayant d’aérer mes notes. De fil en aiguille, j’ai constaté qu’il valait mieux être encore plus précise et j’ai donc créé trois catégories, chacune ayant ses colonnes :

1- Orthographe/grammaire

2- Style

3- Histoire/contenu

Beaucoup plus efficace, cela m’a permis de gagner du temps et de mieux cerner mon ressenti sur le texte. J’admets volontiers éprouver moins de difficultés pour un texte que j’ai adoré ou détesté. Les mots viennent facilement, les colonnes se remplissent très vite ! Par contre, pour ceux situés entre ces deux extrêmes, les choses se compliquent. Il m’arrive même de ne pas réussir à déterminer ce qui me gêne : je ressens juste un problème, j’ai du mal à le voir. Il me faut souvent relire pour cerner ce qui cloche. Un texte « moyen » me prendra donc plus de temps que les autres.

 

Résultat ?

Il faut bien rédiger ses notes… on ne peut pas fournir les quelques mots notés bruts de fonderie sans un minimum de rédaction. Il s’agit là, pour moi, d’une difficulté supplémentaire. Je trouve que le langage écrit peu être très (trop) facilement interprété et je me méfie donc de la manière dont je rédige un avis. La personne qui me lira doit comprendre ce que je veux lui dire. Pour cela, je privilégie des phrases courtes et je n’hésite pas à citer un passage du texte pour illustrer clairement mon propos. Je trouve que cela fonctionne beaucoup mieux ainsi.

Là aussi, les textes « moyens » me posent problème : j’ai plus de mal à expliquer ma pensée, et encore plus à donner un conseil pour améliorer le point qui m’a dérangée. J’essaie toutefois d’être précise. Tout cela nécessite plusieurs heures de travail (lecture + chronique) et voilà bien un élément trop souvent oublié !

 

Méchanceté gratuite ou passage de pommade en règle.

Les chroniques sont jugées par leurs lecteurs, bien entendu, et les réactions sont parfois violentes. J’ai vu des chroniqueurs se faire insulter parce qu’ils n’avaient pas aimé tel titre ou, au contraire, parce qu’ils l’avaient apprécié. Je reviens à ce que j’ai dit dans mon précédent article : si un « c’est nul » ne doit pas être pris en compte, parce que bêtement sommaire, un avis argumenté doit l’être, même si l’on est pas d’accord. J’admets volontiers que ça n’est pas facile mais, pour ceux qui n’en sont pas capables, mieux vaut le silence que l’agression, il me semble. Un buzz récent est un bon exemple en la matière, d’ailleurs.

Une discussion avec le chroniqueur est souvent possible via les commentaires et peut enrichir la chronique de manière intéressante. Ceux qui la liront par la suite auront ainsi différents points de vue et seront d’autant plus enclins à poursuivre la discussion.

 

Frustration

Si, en tant que membre d’un comité de lecteurs, je trouve normal de ne pas avoir de retours, j’avoue éprouver souvent un sentiment de frustration lorsque quelqu’un m’a demandé un avis. Souvent, je n’ai aucun retour ou juste un remerciement qui ne me dit pas si l’auteur prend en compte mes remarques ou, même, s’il souhaite entamer un dialogue avec moi pour approfondir mon opinion. Je comprends donc parfaitement que des chroniqueurs puissent éprouver la même chose lorsqu’ils ont peu ou pas de commentaires sur leurs blogs et c’est aussi la raison qui m’a poussée à donner mon opinion d’auteur dans le précédent article afin qu’ils sachent que je respecte leur travail. Donner son avis sur un texte est une chose complexe. J’ai souvent l’impression d’avoir oublié la moitié de ce que je voulais dire et j’appréhende forcément l’impact de mes propos. Rares sont les gens qui prennent plaisir à dégommer un texte (heureusement) et la majorité des chroniqueurs tentent juste de transmettre leur ressenti, afin d’aider les futurs acheteurs, mais aussi l’auteur et l’éditeur (qui devraient jeter un œil plus souvent aux chroniques pour s’améliorer). Alors oui, tout ça est complexe, il ne faut pas dire le contraire. Pour que cela marche bien, il faut du sérieux de chaque côté, il n’y a pas de secrets.

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