Les mésaventures de Tévrémencon, saison 32

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Voici les mésaventures d’un vampire un brin idiot et de son ami qui tente de le supporter, malgré ses nombreuses bévues. Elles ont été écrites à quatre mains (mention de l’auteur entre parenthèses).

161- Constat à l’amiable (Lydie Blaizot)

— Dis Georges, tu voudrais pas me servir de témoin ?
— Témoin de quoi ? Eh puis, où tu es d’abord ? Toujours dans ton rafiot ?
— C’est un sous-marin nucléaire tactique, j’te prie. Même s’il est pas de la toute première jeunesse… bon, j’suis dans la mer de Barents, je crois.
— Tu crois ?! Nous v’là bien !
— Roh, j’suis au milieu de l’océan quoi ! C’est pas ça l’important… alors, tu veux bien être mon témoin ?
— Mais de quoi bon sang ?!
— De mon accident pardi !
— Je crains le pire… raconte.
— Ben, j’naviguais tranquille, juste sous la surface, quand un crétin de porte-container m’a coupé la route ! Tu m’connais, ni une ni deux, j’ai alpagué le capitaine pour faire un constat à l’amiable. Forcément, y cause pas un mot de français le bougre… mais j’ai bien compris qu’y voulait pas remplir le constat ! Pas folle la guêpe ! Donc j’me suis dit, si je mets Georges en témoin, discretos…
— Je n’ai rien vu.
— Pas grave, l’assureur n’en saura rien ! J’ai pas de liste des passagers…
— Ah parce qu’il est assuré ton engin ?
— Ben tiens ! Un bijou pareil, tu penses ! J’ai eu du mal à trouver mais je me suis rappelé du slogan de la Lloyd. Ben c’est vrai, ils assurent vraiment tout ! Alors, tu veux bien ?
— Mais bon sang, on ne fait pas de constat à l’amiable pour un accident comme ça ! Tu n’es pas sur le périph’ !
— Je me fous de savoir où on est ! Y m’a rayé une aile ce chauffard de mes deux !
— T’es vraiment con !

162- Pêche au gros (Lydie Blaizot)

— Dis Georges, j’ai trouvé un truc très pratique pour pêcher !
— Pêcher ? Tu as lâché ton beau sous-marin ?
— Non, justement ! Au début, je faisais surface et je sortais avec ma canne à pêche mais c’était pas très discret. Les équipages des bateaux que je croisais me regardaient d’un sale œil. Et je sais bien ce que tu m’as dit : discrétion !
— Ouais… pas sûr que tu saches ce que c’est, mais passons. Alors, ta méthode miracle ?
— Simple : tu repères un banc de poissons, tu ouvres les tubes lance-torpilles et tu fonces. Tu en coinces plusieurs à chaque fois, c’est nickel.
— Évidemment… et tu ne pourrais pas te passer de bouffe pendant quelques jours, histoire d’être vraiment peinard ?
— Ah non ! Tu m’connais, quand je n’ai rien à manger je deviens grognon.
— Ouais… et tu vas faire comment, pour le sang ?
— Bah, je devrais pouvoir arraisonner un de ces bateaux dont je t’ai parlé… euh… discrètement, tu vois…
— T’es vraiment con !

163- Mon ami Ben (Lydie Blaizot)

— Dis Georges, tu pourrais regarder un truc sur le net pour moi ?
— Bien sûr, qu’est-ce que tu veux ?
— Je voudrai savoir où sont les trappes de maintenance sur mon sous-marin… ils ne m’ont pas donné les plans.
— Je vais essayer, mais ça m’étonnerait que je trouve les plans d’un sous-marin nucléaire sur le net… et pourquoi tu en as besoin ?
— Pour faire entrer Ben. L’écoutille est trop petite.
— Ah… et qui est Ben ?
— Mon nouveau copain. C’est un ours blanc.
— Un… ? Oh, je vois. J’aimerais bien savoir comment tu as rencontré un ours blanc alors que tu voyages dans un sous-marin…
— Ben, là où j’suis, y a encore de la glace, tu vois… alors, comme j’en avais plus pour mes cocktails…
— De quoi ?!
— De la glace, pour mes cocktails. Tu m’écoutes ou pas ?
— J’essaie… Bref, continue…
— Donc, j’ai débarqué pour en récupérer et c’est là que j’ai rencontré Ben. On a fait copain-copain, grâce à mes réserves de poisson séché, et j’aimerais l’amener à la maison, histoire qu’il voit du pays. Tu sais, la banquise, c’est pratique pour les cocktails, mais ça casse pas trois pattes à un canard !
— T’es vraiment con !

164- Port en vrac (Lydie Blaizot)

— Dis Georges, y sont vraiment pas au point les ports norvégiens…
— Ah ? Et tu leur reproches quoi, au juste ?
— Ben, j’sais pas si t’es déjà venu, mais y a pas franchement la place de se garer…
— Attends… tu veux dire que tu es en Norvège ? Avec ton rafiot ?
— Ben ouais, j’voulais faire une halte histoire de faire des courses. Y paraît que leur viande d’élan est super…
— Toi et la bouffe, c’est quelque chose quand même ! Pour quelqu’un qui devait rentrer discrètement, tu assures !
— Boh c’est pas ma faute ! Je pouvais pas savoir que je trouverais pas où me garer !
— Mais bon sang, on ne se pointe pas dans un port avec un sous-marin nucléaire, triple buse !
— J’avais r’marqué, merci ! J’ai dû bousiller cinq ou six bateaux de plaisance pour caser mon taxi ! Y pourraient pas les faire plus grandes, leurs fichues places de stationnement ?
— T’es vraiment con !

165- Rôti d’élan à la Tévrémencon (Lydie Blaizot)

— Dis Georges, tu ne vas pas me croire…
— Je crains que si. Laisse-moi deviner : un problème avec les gardes-côtes norvégiens.
— Comment tu l’sais ?
— Je regarde les infos, tout simplement. Fais gaffe, tu y apparais de plus en plus souvent.
— Cette fois, c’était pas ma faute !
— Ça ne l’est jamais. Allez, raconte ta version, j’ai hâte.
— Ben, après avoir fait mes emplettes, j’ai quitté le port… j’crois que j’ai amoché encore quelques bateaux au passage, mais y a pas moyen de manœuvrer dans leur port riquiqui ! Bref, les gardes-côtes ont voulu m’contrôler. Moi, j’avais rien contre, tu sais…
— Alors pourquoi ils ont tous fini à la baille ?
— J’y viens ! Alors, y montent à bord et tout, moi j’étais en train de préparer la popotte donc j’les ai laissé fouiller partout, j’ai rien à cacher… pis y sont venus me voir et quand ils m’ont vu cuire ma bidoche, ils sont partis en courant !
— Et ils ont sauté à la flotte ?!
— Pas vraiment… faut faire attention quand tu descends le château d’un sous-marin, tu sais, ça glisse… ils étaient tellement pressés qu’ils sont tombés. J’comprends vraiment pas ce qui leur a pris ! Pourtant, la viande d’élan, ça les connait !
— Ouais, bizarre… et elle n’avait rien de particulier, ta préparation ?
— Oh non… le mode de cuisson p’t’être… y doivent pas être habitués…
— Hein ? Tu peux préciser là ?
— Ben, le réacteur nucléaire surchauffait un peu, alors j’en ai profité…
— T’es vraiment con !

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