Les mésaventures de Tévrémencon, saison 28

Humour Ajouter un commentaire

Voici les mésaventures d’un vampire un brin idiot et de son ami qui tente de le supporter, malgré ses nombreuses bévues. Elles ont été écrites à quatre mains (mention de l’auteur entre parenthèses).

141- La mort vous va si bien (Lydie Blaizot)
— Dis Georges, j’ai vraiment pas de bol !
— Laisse-moi deviner : tu as encore foiré un stage.
— Ouais ! Pourtant, je tenais l’idée du siècle !
— Ben tiens… et tu as essayé le métier de…
— Croque-mort.
— Ah. Ma foi, tu aurais dû bien t’en tirer…
— J’ai pas fait la journée, uniquement par manque de chance !
— Raconte.
— Figure-toi que je suis tombé sur le type qui m’a embaumé !
— Effectivement, à Paris, c’est pas de bol. Il t’a reconnu ?
— Pas au début, mais j’ai bien vu qu’il gambergeait. Alors, quand il a commencé à me remettre, j’en ai profité !
— C’est-à-dire ?
— Je lui ai réclamé ma montre à gousset. Après mon passage chez lui, elle avait disparu. Il est tombé raide dit donc !
— T’es vraiment con !

142- Vampire municipal (Lydie Blaizot)
— Dis Georges, tu crois qu’ils vont se souvenir de moi à la Mairie ?
— J’en ai bien peur. Ça n’est pas tous les jours qu’un stagiaire au service espaces verts termine dans les faits divers.
— Roh, y avait pourtant pas de quoi en faire un fromage !
— Tu as failli tuer un automobiliste, il me semble.
— Ouais, failli, justement !
— Allez, tu sais que je déteste les comptes-rendus des journaux. Raconte-moi.
— Ben, j’étais avec les autres le long du boulevard Quinet pour remettre des plantes et là, y a un gars en bagnole qui ralentit et crie par sa fenêtre : « Un qui bosse, six qui papotent ! » Tu me connais, je ne supporte pas ce genre de type…
— Et… ?
— J’ai pris la première chose qui me tombait sous la main et je lui ai balancé.
— Soit une jardinière de trois mètres de long.
— Bah ouais, y avait pas plus gros…
— T’es vraiment con !

143- Sacrée ambiance ! (Lydie Blaizot)
— Dis Georges, tu sais qu’aujourd’hui c’est mon anniversaire ?
— Oui…
— Ben ça m’a donné une idée. Ce matin, j’ai testé un nouveau boulot : ambianceur. J’ai trouvé un auto-entrepreneur qui a accepté de me prendre avec lui.
— Houlà ! Et tu as eu l’occasion d’assister à une fête ?
— Ouais ! Cet après-midi, on a fait l’anniversaire d’un gamin et j’ai participé.
— Et donc ?
— Au début, c’était très calme, on a fait des jeux débiles avec des ballons et des marionnettes…
— Je vois. Ça t’a fait chier et tu as décidé de mettre ton grain de sel.
— Boh, j’ai juste proposé un nouveau jeu ! Les parents avaient acheté des jouets gonflables. Y avait un long tube où tu peux passer en rampant…
— À condition d’être un enfant.
— Oui. Je leur ai dit que j’allais leur montrer un tour de magie et je me suis glissé dans le tube, avec mon déguisement de clown et tout. Au fur et à mesure, je me suis transformé en brume, pour qu’ils ne voient rien, et j’ai réussi à passer. Tu aurais vu leurs têtes ! Y m’ont applaudi pendant dix minutes !
— Où est l’embrouille ?
— Mon patron d’un jour n’a pas aimé. Il a voulu essayer aussi, histoire de ne pas paraître con… et il est resté coincé. J’arrivais pas à dégonfler le bidule, il a fallu donner un coup de couteau dedans avant que le gars n’étouffe !
— T’es vraiment con !
— N’empêche, j’me suis bien marré !
— N’empêche, t’es vraiment con !… mais bon anniversaire quand même.

144- Cuisine à l’ail (Lydie Blaizot)
— Bis Georges, tu aurais bes bouchoirs ?
— Hein ? De quoi tu causes ?
— Bes bouchoirs !
— Ah, des mouchoirs ! Tiens, voilà un paquet. Pourquoi tu parles du nez comme ça ?
— Pffffeeeeuuuuh ! Ah, merchi, cha va mieux. Ch’est la faute à mon nouveau stage.
— Ne me dis pas que tu es devenu sensible aux courants d’air !?
— Non, j’ai voulu essayer marmiton dans un restaurant.
— Hum… je ne vois pas le rapport.
— Ben, tu fais toutes les corvées, tu vois… la plonge, l’épluchage de légumes.
— Normal, pour un marmiton. Quel rapport avec ton nez ?
— Au début, ch’était nickel, le patron trouvait même que j’étais rapide… et puis, il m’a demandé d’éplucher deux kilos d’ail. J’avais oublié à quel point cha piquait, chette chaloperie !
— T’es vraiment con !

145- Une bonne couverture (Lydie Blaizot)
— Dis Georges, de quoi j’ai l’air ?
— D’un truand. Pourquoi as-tu mis des lunettes de soleil, il fait nuit !
— Ben, j’ai eu un souci aux yeux… une brûlure, comme qui dirait.
— Qu’est-ce que tu as encore fabriqué ?
— Un nouveau stage. Un boulot où y cherchent du monde, à c’qui paraît : couvreur.
— Euh… ouais, pourquoi pas. Quel rapport avec tes yeux ?
— Avec mon tuteur, on est allé sur le chantier d’une grande baraque, dans le seizième. Un truc balèze, fallait refaire toute la toiture pour l’isoler, et tout…
— Bon, OK, et ?
— Y me montre comment poser la bâche de sous-toiture et y m’dit de faire un côté pendant qu’il faisait l’autre. C’est ce que j’ai fait. Quand j’ai eu fini, j’avais tellement mal aux yeux que j’y voyais plus rien ! Y avait du soleil, mais quand même…
— Et tu n’as rien remarqué à propos de cette fameuse bâche ?
— Non, pourquoi ?
— Le fait qu’elle était recouverte d’une pellicule brillante, par exemple.
— Ah… ouais, maintenant que tu le dis…
— T’es vraiment con !

Poster une réponse