N.I.X – extraits

Science Fiction Ajouter un commentaire

Aux éditions Voy’el

Concept :

N.I.X est une novella de Science-Fiction de type anticipation. Dans un futur où l’homme cherche toujours à régler les éternels problèmes économiques, sociaux et écologiques auxquels il est confronté, un scientifique génial ne trouve rien de mieux que de concevoir des humains en laboratoire. Les ennuis qui vont découler de cette décision seront bien plus graves que ceux qu’il avait imaginé…

 

Personnages principaux :

Deborah « Moon » Alexander : jeune fille surdouée en informatique, ses parents l’ont forcée à entamer des études d’arts plastiques où elle s’ennuie à mourir. Fan de tatouages et de redoublements à répétition, son seul ami est Cole, un professeur de sciences qui fait régulièrement appel à ses services.

Cole Brukenmeyer : professeur de sciences à l’université d’Howard, marié, doué en sciences et en langues, il est un éternel distrait capable d’oublier n’importe quel rendez-vous important. Il tente de convaincre les parents de Deborah qu’ils commettent une grave erreur en ne lui permettant pas de suivre les études qui lui conviendraient mieux.

Nicholaï Radovski : d’origine Russe, propriétaire d’un bar dont il est très fier – et où il a engloutit toutes ses économies – il a un passé trouble de criminel. Lors d’un accident, il a perdu son bras droit, remplacé de manière illégale par une prothèse cybernétique.

Mais jusqu’où leur existence est-elle réelle ? Quels souvenirs leurs appartiennent, lesquels ont été fabriqués ? Leur concepteur, s’il est encore en vie, peut-il vraiment les aider à recouvrer une existence normale ?

Résumé :

Deborah Alexander, étudiante en arts plastiques, Cole Brukenmeyer, professeur de sciences à l’université d’Howard et Nicholaï Radovski, propriétaire d’un bar branché de Washington, n’ont a priori rien en commun. Leur destin bascule le jour où un accident de la circulation les réunit : à l’hôpital, les médecins découvrent qu’ils sont des Pronix, des humains créés par un scientifique désireux de démontrer au monde entier son génie. De simples citoyens, ils deviennent des parias de la société. Ils décident alors d’unir leurs forces pour fuir ensemble et retrouver leur créateur afin qu’il les aide. Poursuivis sans relâche, leurs chances de réussite semblent bien minces… d’ailleurs, leur ennemi est-il vraiment celui qu’ils croient ? Et au milieu de toute cette confusion, qui est ce mystérieux Buffer, joueur de golf invétéré et franchement timbré, qui ira jusqu’à les kidnapper afin de les ramener à Washington ?

 

Extrait :

Il était 17h15 lorsque Cole et Moon rejoignirent le parking souterrain de l’université pour s’engouffrer dans la vieille Saab R-240 du professeur. Extérieurement, elle ressemblait beaucoup à une voiture des années 2000, avec une carrosserie profilée et un coffre trop haut, mais l’intérieur était, lui, conforme aux standards désormais en vigueur : sièges ergonomiques en textile ultra-résistant, volant modulable équipé des principales commandes de pilotage, ordinateur de bord dernier cri dont les principales fonctions étaient réunies face au conducteur, sans compter l’indispensable lecteur de musique. Moon se jeta dessus et programma le canal de sa radio préférée, celle qu’elle ne pouvait écouter que lorsqu’elle se trouvait dans ce véhicule. Elle poussa un soupir d’aise.

La jeune fille n’avait eut aucun mal à remédier au problème informatique de l’enseignant mais elle se sentait autant frustrée que fière d’avoir réussi. Quelques minutes sur un ordinateur, dans toute une journée, ce n’était pas suffisant. Et il était inutile d’espérer pouvoir squatter la machine familiale en soirée : son père l’utiliserait pour son travail et lui interdirait toute incursion, ne serait-ce que de quelques minutes. Elle poussa un soupir à fendre l’âme et adressa un signe de main au gardien du parking, lorsqu’ils passèrent les barrières de contrôle. Cole, fidèle à son habitude, conduisait en manuel. Il faisait si peu confiance aux ordinateurs qu’il évitait de leur laisser prendre trop d’importance dans sa vie quotidienne.

Dans le même ordre d’idée, Brukenmeyer n’aimait pas les larges avenues où l’on circulait sur plusieurs voies. Il évita donc Georgia Avenue et emprunta les petites rues jusqu’à rejoindre Dupont Circle. Là, il prit la direction de Georgetown tout en pestant contre la circulation, beaucoup trop dense à son goût. Ils étaient à quelques minutes de chez Moon, il tenta donc une nouvelle fois de la convaincre.

Je continue à penser que je dois parler à ton père. Laisse-moi essayer.

Vous l’avez déjà fait. Deux fois. La dernière, il vous a traité d’emmerdeur patenté.

Il ne peut pas attendre que tu aies rempli ton quota de redoublements : c’est stupide. Il doit bien y avoir un moyen de le lui faire comprendre.

Bien sûr. Autant essayer de persuader un chien de ne pas manger un os…

La jeune fille ricana, le professeur secoua la tête de dépit et, soudain, une voiture apparut juste devant lui, au beau milieu du carrefour. Elle venait de brûler le feu rouge. Cole écrasa le frein de toutes ses forces, mais il savait que c’était déjà trop tard. Il percuta l’autre véhicule au niveau de la portière conducteur et les systèmes de sécurité se déclenchèrent aussitôt. Une mousse grisâtre envahi l’habitacle, collant les passagers à leurs sièges et une voix féminine électronique retentit quelques instants plus tard.

« Vous venez d’être victime d’un accident de la circulation. Les secours sont alertés, gardez votre calme et ne bougez pas, vous allez bientôt être secourus. »

Comme si on avait le choix ! pensa Moon, étonnement sereine. Malgré une douleur à un bras, elle n’était pas inquiète et se sentait même ravie. Elle serait conduite à l’hôpital, gardée en observation, ce qui signifiait deux ou trois jours d’absence. Le pied ! Sa seule crainte venait du professeur. Était-il blessé ? Elle ne pouvait pas le savoir. La mousse l’entourait complètement, obstruant sa vision. Elle ne se souvenait pas l’avoir entendu crier, mais tout était allé si vite… elle s’en voulut soudain de prendre les choses avec autant de légèreté. Brukenmeyer était plutôt grand, sec avec une ossature qui semblait si légère que le moindre choc pouvait la réduire en miette. La panique commença alors à la gagner.

 

Jusqu’au dernier moment, Nicholaï avait cru qu’il pourrait passer à l’orange. Lorsqu’il s’était rendu compte que le feu était déjà rouge alors qu’il se trouvait à côté, il avait hésité entre freiner brutalement et accélérer. Ce moment d’indécision fut de trop. Une voiture le percuta, la portière se déforma sous la violence de l’impact et, malgré la mousse de protection Nicholaï sut qu’il était blessé aux cotes. La douleur était vive, comme un coup de poignard, et la position tordue dans laquelle la mousse l’avait figé n’arrangeait pas les choses. Pourtant, incapable de faire le moindre mouvement, il ne pouvait qu’attendre l’arrivée des secours.

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