Autour de Londres – extraits

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À paraître en mai 2011, aux Éditions du Petit Caveau, un recueil vampirique de huit nouvelles, illustré de dix dessins au crayon.

Concept : il s’agit d’un recueil de nouvelles présentant chacune l’un des vampires de La Maison de Londres.

1- La Terreur des Hautes Terres

2- Les Trois Mousquetaires

3- Le Roi George

4- Fatum

5- Le Clown

6- Piccolo

7- Premier fauteuil en partant de la droite

8- Le Boulet

Extrait :

Jedediah Meakham observait ses subordonnés avec un mélange de surprise et de satisfaction. Ce qu’ils venaient de lui apprendre n’était pas bon signe, mais ce n’était pas cela qui provoquait cette réaction. Il avait sous les yeux un groupe. Un trio étonnant, aux caractères franchement divergents, mais qui semblait avoir déjà acquis un équilibre alors qu’il était à peine constitué. Par expérience, le chef de la Maison de Londres savait que cela déboucherait sur une formation définitive car les vampires trouvaient rarement chaussure à leur pied : ils étaient des solitaires avant tout. Lorsque ceci arrivait, il s’agissait toujours d’une décision pérenne. Jedediah pouvait être content : un groupe était toujours beaucoup plus efficace que des individus isolés. Même Hubert, qu’il voyait pour la première fois depuis sa transformation, paraissait déjà à l’aise et moins dépressif que lorsque ses homologues l’avaient ramené. Il se frotta le menton, curieux de savoir s’ils étaient conscients de ce qui était en train de se produire et, finalement, se décida à prendre la parole.

— « Que croyez-vous qu’il convienne de faire ?

— Nous n’avons pas le choix : il faut interroger les Harrington. » répondit Ruppert. « Le risque est considérable, mais nous devons découvrir pourquoi monsieur McAndrews est mort. Cette banque est d’une importance capitale pour nous, la quête de la vérité est indispensable. Nous ne pouvons nous permettre de laisser la police dénouer l’affaire, si toutefois elle y parvient. »

Arthur et Hubert se contentèrent de valider les propos de leur compagnon, ce qui amena leur supérieur à lâcher un commentaire très inattendu.

— « Vous me faites penser aux mousquetaires du roi. » Il sourit, pensif. « Je crois que je vais vous appeler ainsi, dorénavant. Les trois mousquetaires.

— Bonté divine ! s’exclama Ruppert.

— De quoi parlez-vous ? s’étonna Hubert.

— C’est idiot : je n’ai pas d’épée. » bougonna Arthur.

Jedediah éclata simplement de rire et le trio demeura silencieux pendant que leur supérieur déversait son hilarité sans aucune retenue. Il finit par réussir à se calmer et les autorisa à s’attaquer aux Harrington, avec la consigne de les ménager autant que faire se pouvait. Comme Ruppert l’avait si bien souligné, cette banque était un élément primordial pour leur organisation.

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La galerie de la nuit – extraits

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La galerie de la nuit fait partie de l’anthologie Momies, publiée aux éditions Cauchemars.

Vous pouvez la commander sur leur site Internet.

Chantier de fouilles de Bayad El Nasara, cent neufs kilomètres au Sud du Caire, 7 octobre 2003

Le vent soufflait sur les vastes étendues désertiques, balayant librement le sol qui ne lui opposait aucun obstacle susceptible de le ralentir. Quelques rochers, ici et là, dépassaient à peine du sable, comme s’ils craignaient de trop s’exposer aux éléments. Les collines, vierges de toute végétation, se succédaient à l’infini dans une monotonie aussi parfaite que dérangeante. Pourtant, au milieu de ce paysage sans intérêt, se dressait un petit groupe de tentes, dont la disposition témoignait d’un sens évident de l’organisation. Elles étaient solidement fixées au sol, ce qui était heureux, car le vent semblait vouloir s’acharner à les envoyer valdinguer au loin et le campement, vu de loin, donnait l’impression de se trouver dans l’œil d’une tornade. Ce phénomène dérangeait même les plus petits habitants du désert qui, écoutant leur instinct, évitaient cette zone avec soin. Les scorpions, malgré leur caractère parfois frondeur, n’échappaient pas à la règle. Il fallait vraiment être fou pour se rapprocher du refuge des humains.
Jean-Noël se réveilla en sursaut et se redressa sur son lit de camp avec trop de brusquerie. Il bascula sur le côté et se retrouva affalé par terre, les jambes en l’air et les chevilles entravées par son drap. Il demeura un long moment immobile, agacé par une situation qui, malheureusement, se répétait avec une régularité constante depuis son arrivée en Égypte. C’était son huitième chantier de fouilles dans ce pays et il ne se souvenait pas avoir autant souffert lors de ses précédents séjours. Cette fois, il y avait quelque chose de différent. Poussant un profond soupir, le jeune homme se redressa tant bien que mal et se libéra avant de se lever. Il s’étira au maximum, faisant craquer quelques jointures, puis sortit dans la nuit étoilée malgré la température peu élevée. En bon Normand, il n’était pas du genre frileux, mais le vent qui sifflait entre les tentes lui parut désagréable au point qu’il frissonna, entourant son torse de ses bras ; geste bien inutile pour tenter de se réchauffer. C’était étrange. Le climat ne ressemblait plus à ce dont il avait pris l’habitude, un peu comme s’il était devenu fou. Tout paraissait plus froid, plus mordant. Le sable lui-même avait changé : le jour, il dégageait à peine de la chaleur et la nuit, il semblait se transformer en roche.

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L’Héritage – extraits

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L’héritage est une nouvelle qui se déroule à Cherbourg (Manche), ma ville natale. Elle a pour cadre les années 1960 et raconte l’histoire d’un jeune homme qui hérite de la maison de sa grand-mère. Il y vivra une expérience pour le moins surprenante.

L’héritage fait partie d’un recueil, Voyages aux frontières du réel, édité par PGCOM éditions, disponible à la vente sur leur site internet.

Extrait :

Je me réveillai en pleine nuit, sans trop savoir pourquoi. Ma montre indiquait 4h35 du matin et j’allais me remettre en boule sous les couvertures lorsqu’une musique me parvint. J’aurais juré qu’il s’agissait de la mélodie jouée par la boîte de ma grand-mère. J’allumai une lampe à pétrole et, sans faire de bruit, me glissai hors de ma chambre. Il y avait de la lumière sous la porte de la salle de bain et quelqu’un chantonnait. La chanson, particulièrement démodée, me parvenait nettement. Je m’approchai à pas de loup et posai la main sur la poignée de la porte. J’ouvris brusquement et faillis lâcher ma lampe en découvrant le spectacle qui s’offrait à ma vue. La salle de bain, mobilier et papier-peint flambant neuf, semblait pleine d’une vie que je ne lui avais jamais connue. Une femme, la quarantaine et plutôt jolie, prenait tranquillement son bain entourée d’une mousse abondante. Je poussai un cri étouffé en reconnaissant ma grand-mère Désirée. Elle leva ses beaux yeux bleus vers moi et me sourit tendrement.

— Ambroise, mon cher ! J’ai oublié mon peignoir dans la chambre, vous voulez bien aller me le chercher ?

Je refermais la porte aussi brusquement que je l’avais ouverte. Ambroise était le prénom de mon grand-père, il était mort vingt ans plus tôt d’une crise cardiaque. Je tentais de reprendre mon souffle, complètement paniqué. À présent, ma respiration saccadée était le seul bruit audible à l’étage. La lumière sous la porte avait disparu. Lentement, je l’entrebâillais… pour découvrir le même spectacle qu’à mon arrivée : papier-peint délavé, baignoire écaillée, robinet du lavabo qui fuit…

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